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Le G.C.M.A

Groupement de Commandos Mixtes Aéroportés

 

                                                 Les effectifs sont constitués d'autochtones indochinois

                                                (partisans hmongs, méos, thaïs et laotiens pour la

                                                plupart) et les cadres européens proviennent

                                                 principalement des unités parachutistes et notamment

                                                 du 11ème Choc. À l'issue de nombreuses opérations,

                                                 plusieurs chefs d'unités constatent l'inadaptation des troupes de                                                                     l'Union française au combat dans la Haute-Région d'Indochine.

                                                A l’origine.... Largué le 10 novembre 1950 sur Lao Kay, avec le 10ème Bataillon colonial de commandos parachutistes (BCCP) du capitaine Bazin, le sergent Bonardi avait une double mission. Il devait d’abord faire diversion pour permettre aux tabors marocains du colonel                Costes d’échapper à l’encerclement dont ils étaient menacés. En outre, il devait ramener à bon port les paras chargés de la diversion, sachant qu’ils allaient être acculés à la frontière chinoise par le Viet-Minh et que, de l’autre côté, ils étaient attendus par les troupes chinoises. Les tabors marocains ayant pu échapper in extremis à l’encerclement, Bonardi put, grâce à la complicité d’un chef de guerre de la tribu Mans, Cho Quan Lô, mener à bien la deuxième partie de sa mission. Cho Quan Lô, avec des lingots d’argent fournis par le SDECE, acheta le général Tchong, communiste opportuniste que Mao Tsé Toung était sur le point de remplacer et dont les hommes faisaient face aux paras de Bazin. Pendant que Tchong attaquait son « remplaçant », venu à sa rencontre, le 10ème BCCP évacua la ville de Hoang Su Phy à l’intérieur de laquelle ils s’étaient repliés, en franchissant la frontière au nez et à la barbe du VietMinh. Lorsque les troupes vietnamiennes pénétrèrent dans la ville, elles ne trouvèrent personne. Décontenancées, elles relâchèrent leur emprise sur la frontière, ce qui permit aux paras de revenir discrètement par le chemin des écoliers et de rejoindre les Mans de Cho Quan Lô dans leur repaire. Après s’être fait oublier pendant Le Groupement de commandos mixtes aéroportés (1951-1953) (c) Marine nationale-Vincent Maupile Le Groupement de comman- dos mixtes aéroportés (GCMA), a été créé le 17 avril 1951 pendant la guerre d'Indochine par l'état-major du général de Lattre, en accord avec le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) sur la base des propositions du capitaine Déodat du Puy- Montbrun. Plusieurs semaines dans la jungle, les Français purent rejoindre leur base, avec la complicité des monta- gnards. Cet épisode rocambolesque a inspiré le Haut Commandement français. Ainsi, afin de mieux contrer le VietMinh, en face duquel les unités classiques se sont avérées inefficaces, certains officiers proposent de leur opposer une contre-guérilla. En la développant à grande échelle au sein de différents maquis, le GCMA saura mettre en application ce principe de base, consistant à utiliser les montagnards dans leur milieu traditionnel. Il leur donnera les moyens de mettre en valeur leurs capacités propres : rusticité, endurance, souplesse, instinct de chasseur et, par-dessus tout, parfaite connaissance du milieu naturel. Une unité novatrice Le 7 avril 1951, le général de Lattre de Tassigny, haut-commissaire et commandant en chef de l’armée française en Indochine, signe la décision 174 : « En accord avec la direction générale du SDECE de la présidence du Conseil, et par analogie avec l’organisation métropolitaine, un «service action» est créé à compter du 10 avril 1951 et intégré aux services déjà existants du SDECE en Indochine. Le service action est à l’entière dis- position du commandant en chef.» Le commandant Henri Fille-Lambie, chef du service action du SDECE en métropole, rejoint l’Indochine pour mettre en place cette nouvelle structure. Une unité, chargée d’exécuter les opérations montées par le service action local, est constituée sous le nom de Groupement de commandos mixtes aéroportés. En 1952, le GCMA évoque la nécessité de « créer en zone d'occupation Viêt-Minh une organisation qui nous en permette le contrôle ». Il s'agit donc d'utiliser l'opposition traditionnelle existant entre les peuples de la Haute-Région et les Vietnamiens de la plaine. Cependant, le GCMA rencontre de nombreuses difficultés à mettre en place ses commandos : hostilité de la hiérarchie militaire à des activités guerrières non orthodoxes ; pénurie de cadres connaissant les particularités des multiples ethnies peuplant l'Indochine. Face à ces handicaps, ce sont souvent des sous-officiers aventureux et courageux qui organiseront et prendront en charge les opérations de leur commando de plusieurs centaines de partisans, mission initialement dévolue à des officiers supérieurs. Rattaché aux troupes aéroportées, le GCMA, placé sous les ordres du lieutenant-colonel Grall, dépend officiellement, pour l'emploi du commandant en chef. Mais officieuse- ment, il est sous les ordres du SDECE, confié au général Gracieux, qui connaît parfaitement l'Indochine et ses différentes ethnies. Le GCMA actionne le centre de Ty Wan, près du cap Saint-Jacques, mis en place par le capitaine Erouart du 11ème Choc destiné à la formation des cadres autochtones et deux sections opérationnelles aéro- portées, l'une Sud à Saïgon avec antennes à Tourane et Vientiane, l'autre Nord à Hanoï. Les Américains entretiennent auprès du GCMA une mission de liaison qui fournit un important appui matériel et financier. Le Groupement a également des relations étroites avec les SAS britanniques en Malaisie. Il forme des « pathfinders », éclaireurs chargés de délimiter les zones de largage pour les éléments parachutistes lors de leurs interventions. Et pourtant... Mal utilisées lors du siège de DienBien-Phu, ces unités ne purent retourner la situation. En effet, le commandement avait été averti à temps par le SDECE des préparatifs de l’investissement du camp retranché par le VietMinh, mais n’en avait pas tenu compte. Les accords de Genève (21 juillet 1954) mirent un terme à leur activité.

 

Bertrand Rouvillois, Docteur en Histoire,

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